Barrages : avantage service sauf sur le plan financier

TOP 14 (PHASES FINALES) : Toulouse et le Stade Français vont tenter de forcer le match de barrage à domicile. Ils sont de logiques favoris, eux qui recevront respectivement Oyonnax et le Racing. Toutefois, cet avantage n’est pas un gage de victoire et n’a pas autant d’importance que l’on pourrait croire.
PHOTO THIERRY LEGROS : Le Racing Métro de Jacques Cronje -ici face à l'USAP - est à la croisée des chemins face à son éternel rival, le Stade Français.

C'est l'heure de vérité pour les six candidats au Brennus à la succession du Rugby club de Toulon. Et ça commence par deux matches de barrages qui permettront aux vainqueurs de se glisser dans le carré d'as.
Alors quitte à se qualifier pour un barrage, autant le jouer à domicile. C’est en somme ce qu’ont dû se dire Toulousains et Parisiens à l’approche du terme de la saison régulière du Top 14. Chose faite samedi dernier, pour les deux Stades qui ont gagné le droit de recevoir ces matchs à élimination directe. Pourtant, dans un Top 14 où les équipes à domicile partent très souvent favorites, cet avantage n’est pas forcément décisif.
Premièrement, parce que les victoires à l’extérieur ne sont plus si rares que par le passé en championnat. Ensuite, parce que les barrages de l’an dernier se sont tout deux soldés par une victoire des visiteurs.
Les Toulousains sont bien placés pour savoir qu’un barrage à domicile ne garantit pas une victoire. L’an dernier, le Racing est venu anéantir les espoirs de titre de la bande à Novès à Ernest-Wallon. Dans l’autre match, c’est Castres qui est allé, à la surprise générale, s’imposer à Clermont. Marchel-Michelin, réputée forteresse imprenable (77 victoires de rang), est tombée lors de ce barrage.
Deux bonnes raisons qui obligent Toulouse et le Stade français à se méfier. Mais les deux formations ont toutefois quelque chose de leur côté: les stats.
En effet, depuis l’instauration des barrages, en 2009-2010, seuls 30% des équipes se sont imposés à l’extérieur. Ce qui laisse donc 7 chances sur 10 aux Stades pour se qualifier. Si seulement le sport était une science exacte.
 
Quand les matches
de barrage ne font pas recette
 
En dehors du sportif, on pourrait croire que recevoir un match avec autant d’enjeu attirerait beaucoup de supporters, et avec eux des recettes. Thomas Savare, le président du club parisien, tient vite à relativiser et met vite fin à cette idée reçue. "Financièrement, ce n’est pas une bonne affaire, puisque 92% de la recette va à la Ligue", explique-t-il. Même s’il concède qu'"en termes de promotion, c’est toujours intéressant d’avoir un match plein à Jean-Bouin".
Un barrage à domicile, n'a donc rien à voir avec une demi-finale de ProD2. On a du mal à imaginer toutefois que recevoir ce genre de match ne remplit pas beaucoup les caisses. Finalement, si jouer à domicile est toujours mieux pour bénéficier notamment du soutien de ses supporters, cette avantage ne garantit ni le côté sportif, ni le côté financier.
C'est ça aussi le Top 14 qui conjugue bien des paradoxes. Vous avez dit barrage ? Il n'est jamais entre dans le vocabulaire de l'USAP, par exemple. Et c'est loin d'être un cas unique.
D.J.
 
* Les barrages
 
- Vendredi 21 h : Stade Français - Racing-Métro.
- Samedi 16h30 : Toulouse - Oyonnax
- Deux matches de barrage pour l'accession aux demi- finales, retransmis en direct sur Canal +.