Francis De Nadaï : disparition d'une légende

Né le 19 avril 1947 à Limoux, "Nanache" avait marqué de son empreinte le club rouge et noir, en même temps qu'il fut le capitaine exemplaire de l'équipe de France. Ses obsèques seront célébrées le mercredi 19 avril à 15h en l’église Saint-Martin de Limoux.
"Nanache" entouré de ses amis Paul Gentil et Rapha Bueno, en 2012.
"Nanache" entouré de ses amis Paul Gentil et Rapha Bueno, en 2012.

Le légendaire ex capitaine de Limoux, où il avait débuté en équipe première à 18 ans, et du XIII de France, Paul-François "Nanache" De Nadaï, également surnommé Francis, prénom trouvé par ses soeurs, ou Paul, et transplanté du coeur en 1988, s'est éteint vendredi soir à son domicile des Pyrénées-Orientales, entouré des siens. En ce jour Saint, c'en est un grand qui s'en est allé, à près de 70 ans, emporté par la maladie contre laquelle il luttait depuis tant d'années, avec un courage identique à celui qu'il affichait sur les terrains de rugby à XIII.

Devenu cadre technique de la FFR XIII après sa glorieuse carrière de joueur, jusqu'à sa retraite de l'éducation nationale en 2005, cet instituteur limouxin, homme d'un seul club, avait été sacré champion de France en mai 1968, et porté la tunique tricolore à 31 reprises, entre ses débuts le 24 décembre 1967 à Carcassonne, contre l'Australie (défaite des Bleus 10-3), aux côtés de son ami et coéquipier en club, Guy Andrieu, et le 21 juin 1975 au Lang Park de Brisbane, toujours face aux Kangourous.

Une tournée dont il était le capitaine très estimé, et au terme de laquelle, de retour en France, il rendit définitivement son brassard, en raison de l'injuste reproche, émanant de la Fédération Française, qui lui avait été fait.

Car il n'y avait pas plus loyal, sur comme en dehors des terrains, que "Nanache", tombeur avec le XIII de France de l'Australie, en janvier 1968 à Toulouse (16-13), puis de nouveau en novembre 1970 à Bradford (17-15), de la Grande-Bretagne en février 1969 (13-9) et 1971 (16-8) à Toulouse (13-9).

Bandeau blanc en guise de serre-tête, moustaches conquérantes, ce deuxième ligne également à l'aise en troisième ligne et au poste de pilier, déplaçait des montagnes en défense et avait le geste sûr en attaque, où il excellait par de courts crochets. Autant dire qu'il était un grand parmi les grands, et pourtant empreint d'une authentique humilité.

On devine aujourd'hui la peine qui envahit son épouse, Denise, ses filles, ses chers petits-enfants, de même que la grande "famille" de Limoux XIII, un club qu'il avait porté sur les sommets. Et qui pleure aujourd'hui une légende.

 


Portrait de Herve Girette

Le président René Mauriès lui avait mis sur le dos, en qualité de capitaine, et en public lors d'une réception à Toulouse, les revers essuyés lors de la tournée tricolore aux antipodes de 1975.

Un autre grand nous quitte
La famille treiziste n est pas épargnée ces derniers temps
Sincères condoléances à toute sa famille.
Jlouis Four

Quel injuste reproche avait été faite par la fédération à son retour d'Australie ?