Le bar des Platanes (17)

Entre gastro et mauvais temps, Antoine et César parlent des malheurs de l'USAP

- Bonjour la compagnie... Bon dia Mme Cléo.
- Bonjour M. Antoine ... Eh bé, depuis le temps... Vous étiez mort ou quoi ?

- Non, je déménageais, ce qui ma pris du temps et j'ai eu la gastro. Pas vous ?

- Non, mais M. César, lui aussi, l'a eue...

- Quoi? La gastro ? Le pauvre, à son âge... Té, le voilà qui arrive. Bonjour César ! Tout va bien ?

- Non. Rien ne va. J'ai eu la gastro...

- Je sais, mon bon César.... Mais ça va mieux, je vois...

- Oui, ça va mieux ! En tout cas mieux que votre USAP. Eux, c'est comme la gastro, c'est la débandade !

- Mon pauvre César, vous n'avez pas tort. Quelle drôle d'histoire. A n'y rien comprendre.

- C'est le sport, Antoine. Le sport... Quand rien ne va, rien ne va...

- Évidemment , pour vous treiziste, la vie est belle. Mais moi, misère de misère. Et en plus ma voiture est en panne, ma fille est enrhumée, ma femme tousse, mon fils a mal aux dents, ma mère souffre de sa hanche, mon frère s'est foulé la cheville. Et pour couronner le tout, il fait froid...

- Tout cela en même temps ?
- Vous voyez, Antoine, si vous étiez treiziste, vous vous porteriez mieux.

- Vous vous foutez de ma poire, César. Et ça, c'est pas sympa.
- Moi, me foutre de vous. Jamais je n'oserais... J'ai trop de respect pour les vaincus... Je suis un sportman, moi, élégant et fairplay...

(Silence à peine troublé par le bruit du percolateur réchauffant un petit pot de lait)

- César, qu'est-ce que vous feriez si vous étiez président de l'USAP ?

- Moi, président de l'USAP ? Et pourquoi pas évêque de Perpignan ?

- Vous pouvez avoir une idée ? Bien que treiziste, vous êtes quand même sensé ?

- J'en conviens, mon cher Antoine. Si j'étais président de l'USAP, ce que je ferais ? Je me préparerais à la descente, voilà. Gouverner, c'est prévoir, non ? Qu'en pensez-vous Mme Cléo ?
Interpellée, la blonde tenancière dont le décolleté vertigineux faisait loucher les deux compères, lança : « Mon pauvre César, mais de quoi parleriez-vous s'il arrivait malheur à l'USAP ? Je me le demande. D'abord j'y laisserais mon fond de commerce. Et puis, il n'y a pas de corrida sans toros, pas de vélo sans pédale, pas de soleil sans parasol, pas de mer sans sel, pas de café sans tasse. Eh bé, il ne peut pas y avoir de Dragons sans USAP. Je vous le dis. Autrement c'est la mort du petit commerce, le triomphe de la mondialisation à la chinoise, la victoire des subprimes sur le livret d'épargne. Croyez-moi, je m'y connais ».