Les Bleus se font hara-kiri

TEST-MATCH / FRANCE - JAPON (23-23).- Trop gros pour être vrai ? Un nul heureux pour des Bleus sonnés, aux "japonais absents", incapables de battre la 13e puissance mondiale. Le rugby français doit tout revoir. Les tests de novembre ont été calamiteux jusqu'au bout. Le staff tricolore risque de "sauter" alors que le XV Japonais moderne, sans complexe, survolté a été - lui - à son niveau.
Gabriel Lacroix a marqué. L'ailier bleu fut une des rares satisfactions chez les Bleus.

NANTERRE (stade U Aréna ).- France - Japon : 23-23.
13-8 (mi-temps).
 
Temps froid et humide, belle pelouse synthétique, toit fermé, plus de 25 000 spectateurs.
 
Match arbitré par M. Pearce (Angleterre) assisté à la touche de M.M Clancy et Neuville (Irlande), à la vidéo M.Davey (Angleterre).
 
Pour la France : 2 essais Slimani (39e), Lacroix (50e), deux transformations Trinh- Duc (39e, 50e), 3 pénalités Trinh-Duc (14e, 28e, 65e).
Carton jaune : Lacroix (60e, plaquage haut sur chandelle).
 
Pour le Japon : 3 essais Horie (23e), Lafaele (42e), Valu (73e), une transformation Tamura (52e), 2 pénalités Tamura (5e, .62e).
 
EVOLUTION DU SCORE : 0-3, 3-3, 3-8, 6-8, 13-8 (mi-temps) - 13-15, 20-15, 20-18, 23-18, 23-23 (score final).
 
LES ÉQUIPES
 
FRANCE : Spedding - Lacroix, Penaud, Chavancy, Thomas - (o) Trinh-Duc, (m) Serin - Macalou, Picamoles, Cancoriet - Vahaamahina, R. Taofifenua - Slimani, Guirado (cap), Poirot.
 
Sont entrés en cours de match : Chat, Kotze, S. Taofifenua, Jedrasiak, Sanconnie, Dupont, Bastareaud, H. Bonneval.
 
JAPON : Matshushima - Lemeki, Lafaele, Tatekawa, Fukuoka - (o) Tamura, (m) Nagare - Leitch (cap.), Mafi, Himeno - Makabe, Van der Walt - Koo, Horie, Inagaki.
 
Sont entrés en cours de match : Sakate,Ishihiara, Valu, Tokunaga,Lautaimia, Tanaka, Teaupa, Fujita.
 
* LE MATCH
 
Les Bleus ont quasiment tout manqué
 
On a frisé le ridicule en osant titré vendredi soir "Pas de blagues les Bleus" Trop gros pour être vrai. Les Bleus n'ont pas perdu. Et alors ? Ils n'ont pu faire mieux qu'un triste match nul face au Japon en conclusion de leur tournée d'automne (23-23). Après 5 défaites de rang, c'est un nouveau résultat négatif pour cette équipe de France en plein marasme.
 
Les hommes de Guy Novès sont encore passés à côté de leur sujet devant une U Arena atterrée, qui les a copieusement sifflés au coup de sifflet final avant de crier "Rembourser" et de quitter les lieux au plus vite. Les Bleus ont quasiment tout manqué samedi soir, à l'image d'une première période catastrophique. Apathiques face à des Japonais joueurs et rapides, ils ont été menés jusqu'à l'essai de Rabah Slimani juste avant la pause (13-8, 40e). Les Japonais avaient pris l'avantage sur une pénalité de Tamura (0-3, 3e) puis sur un essai en bout de ligne du talonneur Horie après une passe volleyée de Tatekawa (3-8, 23e). Sur cette action, on a vu un rugby fluide, des mouvements limpides et précis.
 
Bref, tout ce que l'on attend encore de cette équipe de France.   Car les Bleus bégayaient leur rugby. Entre pénalités au sol, en-avant - comme ceux de Thomas sur une passe pour Chavancy qui filait à l'essai (6e) et Macalou à quelques centimètres de la ligne (18e) – et un essai refusé à Lacroix, en touche (29e), les Bleus patinaient sévère. Des pénalités de Trinh-Duc (13e et 29e) sauvaient les apparences, avant l'essai de Slimani qui permettait de virer en tête à la pause.  
 
Sauf que les Bleus étaient encore amorphes au retour des vestiaires et se faisaient promener sur une action d'école conclue par le centre Lafaele (13-15, 42e). Au bord du gouffre, absents en défense, les Bleus étaient même "sauvés" par un en-avant japonais à quelques mètres de la ligne (45e). Incapable de faire la différence à la main, le XV de France s'en remettait à un excellent jeu au pied de François Trinh-Duc qui servait Lacroix sur un plateau (20-15, 51e).
 
  Le début d'un mieux pour les Français ? Ce sont au contraire les Japonais qui continuaient d'avancer. Joueurs, ils préféraient taper en touche sur des pénalités, signe de leurs ambitions. Lacroix écopait d'un carton jaune pour un plaquage en l'air (61e) et les Bleus continuaient de subir. Les Japonais se rapprochaient au score avec une pénalité (20-18, 63e).  
 
A 14, les Bleus grattaient une pénalité sur mêlée, convertie par François Trinh-Duc (23-18, 68e) puis retournaient dans leur camp. A force de reculer, les Français étaient punis par un essai d'Ai Valu après un bon travail des avants nippons (23-23, 75e). Heureusement, Tamura manquait la transformation et le score restait nul. Mais il n'y a rien, absolument rien, pour se réjouir.
 
* LE FAIT DU MATCH
 
Francois Trinh-Duc, c'est le pied, sauve les apparences
 
Sans génie et c'est peu dire, les Bleus ont au moins pu s'appuyer sur un François Trinh-Duc sérieux à l'ouverture. S'il n'a pas pu animer comme il l'aurait voulu, la faute à ces scories qui polluent le jeu français, il a eu le mérite de tenter et d'alterner. Cela a donné une passe au pied chirurgicale sur l'essai de Lacroix en seconde période. Surtout, il a signé un 100% devant les perches, prenant même les pénalités lointaines, avec 13 points à son actif. En défense, il a été impeccable avec 7 plaquages réussis et aucun raté. Ce qui n'est pas le cas de tous ses coéquipiers...
 
Quel décalage avec la performance modeste du collectif et surtout d'un pack francais d'une grande faiblesse. Surtout au plaquage. Les Bleus ont beaucoup subi samedi soir, la faute à de trop nombreux duels manqués. Ils ont terminé à 77% de plaquages de réussite (80/104), un ratio indigne du niveau international. Cela a logiquement donné une occupation du terrain largement en faveur du Japon (64%) qui sait tout faire. Qui avait surtout bien préparé son affaire. Tout le contraire des Bleus.