Mission

Spécialiste des missions de sauvetage, Luc Dayan apprécie le rugby à XIII depuis les années PSG. Celle que lui a confié le président Marc Palanques, au début du printemps, sera qualifiée d'impossible par certains. Or, lui croit au projet Super XIII, révolutionnaire à plus d'un titre, et dont il a exposé les grandes lignes ce samedi matin au Congrès fédéral du Barcarès.

Luc Dayan a beau s'approcher de la soixantaine, il n'a rien perdu de sa flamme. Celle qui le portera, ce samedi matin au Congrès fédéral du Barcarès, pour exposer son projet. Innovant et spectaculaire. Un Super XIII qui pourrait voir le jour, si tout va bien, à l'été 2019. "Une ébauche s'était dessinée sous la présidence de Nicolas Larrat, mais son successeur m'a dit, ensuite : "Je n'y crois pas".

Ce qui n'est surtout pas le cas de Marc Palanques. "Mon premier contact avec lui date du 4 mars dernier", expliquait ce vendredi soir l'ancien président des clubs de football de Lille, qu'il a mené de Ligue 2 jusqu'en Champion's Ligue, et Lens, autour d'une table partagée avec des confrères du Monde et du groupe La Dépêche (Libération et le Journal du Dimanche s'empareront plus tard du sujet).
"Et j'ai pour mission de développer ce sport encore inexploité sur toute la France, au travers d'un championnat des provinces, composé d'équipes adossées à des clubs de football", explique celui qui, depuis six mois, multiplie les contacts, fort d'un carnet d'adresses de ministre.

Des contacts a priori déjà fructueux, notamment auprès du groupe Vinci, disposé à prêter aux treizistes les stades relevant de sa gestion. Un projet qui a d'emblée intéressé Robin Tchale Watchou, le président de PROVALE.
"Le syndicat des joueurs pros de rugby à XV, d'ores et déjà d'accord pour faire bénéficier de ses services les joueurs de XIII, comme la FFR XIII, sera actionnaire de la structure dont le budget de départ oscillera entre 10 et 15 millions d'euros, des CDD de quatre à six mois, allant de 3000 à 5000 euros bruts mensuels, étant proposés aux joueurs intéressés", précise le producteur de "La couleur de la victoire", le remarquable film consacré au sprinter noir américain Jesse Owens, héros des JO 1936, sorti en salles le 27 juillet et actuellement diffusé sur Canal Plus.

Treize équipes qui concerneront 200 joueurs, d'Elite (le championnat de France 2018 s'étalerait de janvier à juin, celui des provinces de juillet à mi-octobre), de XV et de 7, et des étrangers, avec une masse salariale identique à toutes les formations.

Un projet fou ? pas si l'on en croit Luc Dayan, un médecin du sport devenu conseil en marketing sportif, par ailleurs au chevet, actuellement, des clubs de football de Valenciennes et de Bastia, après être passé, précédemment par Le Mans, Nantes, Nice, Saint-Etienne ou Strasbourg.

"Les retours sont positifs, y compris de la part de plusieurs présidents de clubs du Top 14, de sociétés télévisuelles, et d'équipementiers, et je vais m'efforcer de convaincre les collectivités territoriales concernées".

Reste à mettre sur pieds la structure juridique adéquate, et à réunir les fonds nécessaires au lancement. Ce qui prendra forcément du temps. Mais avec pareil allié, spécialiste de la reprise de clubs en difficultés, Marc Palanques espère mener à bien la mission qu'il s'était donné en se portant candidat à la présidence de la FFR XIII, en juillet 2016 : faire enfin bouger les lignes d'un sport méritant de déborder largement du cadre régional qui a trop longtemps été le sien.