Yannick Buttignol : "Concentrés sur nous-mêmes"

VILLEFRANCHE/AVEYRON - FERRALS (CE DIMANCHE 15H EN DEMI-FINALE ELITE 2).- Yannick Buttignol est déjà récompensé de son travail original et consciencieux à la tête des Rouergats, qu'il a rejoint cette saison, après s'être fait les dents à l'étage en dessous. Il vise désormais plus haut. Explications.

Une défaite, on l'évacue, mais on l'analyse, également. A Villefranche de Rouergue, la déception passée, on s'est focalisé sur la demi-finale de dimanche contre Ferrals, sans pour autant rien oublier du court revers concédé en finale du Challenge Aillères. Le bon, comme l'attitude, remarquable, déployée face à Baho, le moins bon, à l'image des fautes effectuées notamment aux quatrième et cinquième tenus, des pénalités concédées en défense, des dernières passes approximatives.

Ce que n'a évidemment pas manqué de faire Yannick Buttignol, à la fois entraîneur et… chercheur. Un jeune coach de 34 ans constamment dans la réflexion, et essentiellement concentré sur son équipe, qui doit compenser son manque d'expérience par rapport à des rivaux genre Baho ou… Ferrals, possèdant des joueurs globalement plus aguerris, titrés dans le passé.

"Cette saison, j'ai pris le parti de ne pas analyser les équipes adverses. J'aime tenter des expériences. A Réalmont (ndlr : qu'il a guidé au titre de DN1), nous nous penchions sur la vidéo deux fois par semaine. A Villefranche, rien de tout cela, m'étant aperçu que le dimanche venu, ce n'était par exemple pas forcément le même demi d'ouverture qui était aligné, que celui qu'on avait visionné les jours précédents, que le talonneur était absent, que le centre était positionné à l'aile, etc…"

Yannick, qui s'est donc contenté cette saison de "cinq séances vidéo, uniquement consacrées à notre équipe", entraîne désormais depuis quatre ans, et assurément le métier rentre. Celui qui pousse à se pencher "sur les petits détails, concernant le secteur défensif", suite au match contre Baho. Ou celui qui incite à "insister sur l'approche psychologique".

"On se focalise d'abord sur nous-mêmes, on observe les sensations de chacun, et on fait en sorte d'intégrer des jeunes de l'équipe réserve, douze d'entre eux ayant disputé au moins deux matchs avec nous, cette saison", poursuit le petit neveu de Victor "Totoche" Buttignol, le neveu de Thierry, deux remarquables anciens internationaux, le fils de Didier, le frère aîné de Cédric et Mickaël, une famille où l'on joue à XIII, vous l'avez compris.
 
Ferrals pas à sa place au classement

Ce qui ne l'empêche pas de jeter un regard lucide sur l'adversaire de dimanche : "Ferrals en demi-finale, ça n'est qu'une demi-surprise, tellement cette équipe aligne des joueurs d'expérience, comme Nicolas Munoz, Mickaël Tribillac, Fred Marcerou. Ils ont terminé à la sixième place du classement, mais ils n'étaient pas à leur place."

Pas question, donc, de snober pareil rival pour une place en finale : "Nous avons certes remporté nos trois rencontres contre eux, cette saison (ndlr : 33-18 dans l'Aude, mi-décembre, 33-20 au match retour, mi-mars, 30-10 en 1/8è de Coupe Lord Derby, fin janvier), mais ils sont difficiles à manoeuvrer, et je note qu'ils n'ont pas perdu de match par un grand écart. Il s'agit donc bien d'un match piège, pour nous."

Dimanche, les Rouergats devront donc faire front, avec comme seul joueur incertain Charles Niès, touché à une cheville, alors que Paul Portal et Bastien Dintilhac, préservés en finale du Challenge, réintégrerons un ensemble solide sur ses bases, pugnace et joueur à la fois.

Avec l'espoir de justifier l'excellent parcours 2016 - 2017 par une place en finale, le samedi 3 juin à Narbonne, en ouverture de celle d'Elite 1.
 
Le réservoir de la Fédérale 2 à XV
 
Ce qui récompenserait l'énorme travail de sensibilisation au rugby à XIII, effectué par le club des co-présidents Nicolas Alquié, Sébastien Marty, Jérôme Gasc, anciens joueurs de la maison rouge et bleue, alors que l'immuable et incontournable Jean Davy n'est jamais bien loin.

"Le premier club de XIII est à une heure et quart de route de Villefranche, aussi, après avoir ciblé les postes dont nous avons besoin, nous nous tournons volontiers vers des joueurs de Decazeville et Figeac (Fédérale 2, ex pensionnaires de Fédérale 1)", explique Yannick.

Le tout avec succès. "Sur les 45 licences de nos deux équipes seniors, 20 proviennent de Fédérale à XV, dont six évoluent en Elite 2, et notre réserve est composée à 90% d'ex quinzistes, nous en recruterons trois ou quatre de plus pour la saison prochaine."

Une politique intelligente, à l'image du coach.