"Pas question que mon fils joue au rugby !"

"J'adore l'ambiance du rugby. Mais je vous l'assure, jamais Louis, mon fils, n'ira dans une école de rugby..."

Appelons-là Sandra. À moins que ce ne soit Nathalie ou Marie. Elle a une petite trentaine, rencontrée par hasard un matin place de la Méditerranée à Canet où, avec son mari, elle boit un café. Un lundi de Pentecôte, lendemain des deux finales, à XIII comme à XV.
Son gamin, Louis, 6 ou 7 ans, joue à deux pas. Elle lit le compte rendu de la victoire auvergnate, la veille au soir. Et vous savez comment cela se passe : une réflexion, un regard, un commentaire. Et puis elle se lance. « Je suis fille de rugbyman. Mon père a joué à XIII et à XV. J'ai baigné dans ce milieu dès ma tendre enfance. J'adore l'ambiance du rugby. Mais je vous l'assure, jamais Louis, mon fils, n'ira dans une école de rugby »...
 
Bigre. Comment, de quelle manière, pourquoi une jeune maman réagit-elle ainsi ? « Ce sport est devenu d'une violence extrême, les plaquages, tant au XIII qu'à XV sont faits pour détruire. Vous avez-vu le nombre de commotions cérébrales lors de la finale du XV ? Mais c'est de la folie ! Un jour il y aura un mort. Et vous voulez que j'incite mon fils à pratiquer ce sport ? Je préfère encore qu'il fasse de la boxe... Et s'il choisit le foot, eh bien tant mieux ! »
 
Sandra, à moins que ce ne soit Nathalie ou Marie, le regrette. « C'est vrai que le rugby est une belle école de vie. Mais il apprendra autrement. Je n'ai pas envie de voir mon fils à moitié décapité ou mis KO sur un plaquage. Je ne veux pas qu'il passe sa jeunesse à rentrer dans le lard ou à se faire percuter pas des types de 150 kg... Si les gens du rugby ne le comprennent pas, eh bien, ce sport disparaitra, du moins sous la forme qui a fait son succès ».
 
Voilà. Le débat est lancé. Mais reconnaissez qu'il y a problème.