L'envers du décor

Derrière l'extravagance des milliardaires se cache des centaines de petites mains qui ouvrent au bon déroulement du Grand Prix

De notre envoyé spécial à Monaco, Sébastien HOERNER
 
La Principauté de Monaco s'est mise sur son 31 pour accueillir ce week-end cette 72ème édition. Ce mythique circuit urbain est un véritable casse tête technique pour les organisateurs. En effet, ces derniers ont la lourde mission de permettre le bon déroulement de l'épreuve tout en évitant de trop entraver la vie quotidienne sur le Rocher. Et c'est l'A.C.M (Automobile Club Monaco) qui réalise cette prestation à la perfection depuis des décennies.
 
Tous les soirs, de 18h00 à 7h00 du matin, le circuit est ouvert à la circulation permettant ainsi de ne pas trop entraver le bon déroulement des folles nuits Monégasques. Au petit matin des centaines de petites mains s’affairent à remettre le circuit en place. Sans ces hommes de l'ombre, la tenue d'un tel événement est impossible.
 
La logistique pour un tel événement est impressionnante : près de 20 000 mètres carrés de grillage installés, plus de 21 kilomètres de barrière de sécurité et 1 100 tonnes de gradins posés pour l'occasion pour un circuit mesurant 3 340 mètres de long.
 
Niveau personnel, plus de 650 commissaires de course et 120 pompiers professionnels se pressent tout au long du ;circuit pour assurer la sécurité des spectateurs mais aussi celle des pilotes qui lancent leurs monoplaces à plus de 260 km/h sur les sinueuses rues de Monaco.
 
 
Un remède anti-crise
Bien évidemment tout cela à un cout pour la Principauté, environ 30 millions d'euros mais le retour sur investissement est bien présent. L'épreuve génère ainsi un chiffre d'affaires d'environ 100 millions d'euros et l'évènement est un véritable « boost » économique pour la Principauté. Plus de 200 000 personnes foulent le pavé des rues monégasques durant le week-end alors que la ville ne compte que 36 000 habitants à l'année.
 
La capacité d'accueil pour la course est de 34 000 spectateurs (tribunes) auquel il est nécessaire de rajouter les 5 000 privilégiés qui assistent à la course depuis les yatchs dont le prix de la place peut rapidement atteindre plusieurs milliers d'euros pour seulement un paire d'heure de course.
 
Nous pouvons compter également les 10 000 places situées sur les terrasses des appartements qui surplombent la piste. Les plus aisés pourront se procurer le fameux sésame dont le prix au marché noir flambent à quelques heures de l'épreuve.
 
Sinon, les plus fortunés peuvent tenter de devenir propriétaires : compter quand même 4 millions d'euros pour un deux pièces avec une surface habitable de 80 mètres carrés... Une chose est sure, Monaco ne connaître jamais la crise !