Didier Prunac : "Guy Delaunay était un centre exceptionnel"

80 ANS DU XIII CATALAN.- Le Président de la penya Als Dracs sera accompagné d'une bonne cinquantaine d'autres membres, ce samedi midi au Parc Ducup. On y évoquera notamment "La Brousse", une tactique qui a fait la gloire de Didier Prunac, l'avant qui marquait le plus d'essais, dans les années 80.

Au départ c'était "La Prune", puis c'est vite devenu "La Brousse". Une tactique simple et efficace à la fois. Efficace parce que portée par deux joueurs d'exception, chacun dans leur genre, Ivan Grésèque, la science du jeu incarnée, Didier Prunac, la masse physique d'un semi-remorque.

"Je prenais huit à dix mètres d'élan…"

Ce dernier raconte : "Elle est née en 1983, et on ne la tentait que d'une à trois fois par rencontre, à partir d'une pénalité obtenue dans le camp opposé. Il s'agissait d'abord de fixer l'adversaire, via trois charges rectilignes face aux poteaux. Puis Ivan partait derrière le tenu en travers, sur cinq, six mètres, avant de croiser en ma direction. A l'époque, les défenses ne se tenaient qu'à cinq mètres, je prenais huit à dix mètres d'élan, et accélérais à la prise de balle. J'inscrivait ainsi dix ou douze essais par saison."
Simple, on vous dit. Mais efficace, terriblement. "Un jour, à Limoux, je me souviens qu'Ivan avait annoncé une "Brousse" deux fois de suite, les Blanquetiers savaient ce qui les attendaient, et j'avais pourtant marqué à chaque fois."

C'est que pour stopper un camion sang et or pareil, il fallait se lever de bonne heure. Car le père de Rémy, dernièrement sacré champion de France Elite 2 avec Baho, ne pesait pas seulement 120 kilos, il allait également vite, très vite, une fois lancé.
"On travaillait cette tactique aux entraînements, mais sans plus, en fait tout se passait au feeling". Une complicité Grésèque - Prunac qui faisait des ravages dans les défenses adverses, en cette période de l'histoire où le XIII Catalan écrasait tous ceux placés en travers de sa route.

D'Estagel à Opoul

A l'image, donc, du pilier international catalan (5 sélections), formé à l'école de rugby d'Estagel XIII, un club qu'il quitta à l'âge de 19 ans pour le SCA Rivesaltes XV puis l'ESBAC (Entente Espira - Baixas), avec lequel il remporta le championnat de France 1ère série, en compagnie notamment de Jean-Philippe Autonès, un ex de l'USAP.
Mais trois ans de rugby orthodoxe, c'était amplement suffisant pour ce treiziste dans l'âme, qui signa en 1982 au XIII Catalan, à l'invitation des regrettés Henri Borras et Francis Mas.
Il y restera jusqu'en 1989, après avoir fait moisson de titres, pour en remporter ensuite un autre avec Palau, et Jean-Claude Touxagas ou l'Anglais Ian Tolan comme coéquipiers.
Avant de terminer par Opoul XIII aux côtés de Dominique Verdière, Eric Ferré, Henri Berneau et Guy Arasa, des anciens de la maison blanche, comme lui. A 31 ans il était temps de remiser ses crampons.

Gagner, en 1982, était impératif"

Ce samedi au Parc Ducup, où plus de mille convives sont attendus pour fêter 80 ans d'histoire en sang et or, Didier évoquera avec ses amis les années de gloire auxquelles il a si activement participé.
Notamment la finale 1982, son "meilleur souvenir", "car c'était contre Villeneuve sur Lot, et un an après les évènements, gagner était impératif".
On y parlera aussi d'Henri Berneau, "un monument, car personne ne le faisait plier", de Guy Arasa, "un rude qui n'avait peur de rien, toujours prêt au combat", des jumeaux Laforgue, "infatigables", de Guy Delaunay, "un centre exceptionnel, bâti comme un avant", du Lézignanais Robert Clottes, son "adversaire préféré, au gabarit semblable au mien".

"Le plus rude de tous"

Mais samedi, le passé se conjuguera aussi au présent, surtout après le festival offert le 14 juin face à St Helens. "Je n'ai jamais été réellement inquiet", explique Didier. "Nous avons d'abord eu à déplorer de nombreux blessés, et à l'extérieur nous avons souvent affronté les gros. Aujourd'hui nous sommes enfin au complet, et la saison est longue, il n'y a pas de raison que nous ne rivalisions pas avec le haut du classement".
Surtout que les Catalans de Super League comptent parmi eux quelques "rudes", comme il les aime. "Ian Henderson, Louis Anderson, leur manière physique de jouer me séduit, comme celle de Kane Bentley (ndlr : Elsa Prunac appréciera), un joueur rugueux, sérieux, excellent en défense".
Mais ne vous y trompez pas, Didier "aime aussi tous les joueurs français des Dragons", et pas seulement les parrains d'Als Dracs aux côtéx d'Hendo, Morgan Escaré et Jean-Philippe Baile.
Hier, c'était plutôt Didier Ferriol, "le plus rude de tous avec Alex Chan", et Rémi Casty, qui recueillaient le plus ses faveurs.
Pour savoir ce qu'en pensent quelques-uns des cadres de la penya siégeant à Claira, comme Christian Montero, Daniel Loret, Francis Bedos, Guy Campourcy, Didier Meynard, Claude et Marc Domaine, William et Hugues Paillès, ou les Anglais Pam et John Naylor, le plus simple sera de partager leur passion, samedi au Parc Ducup, en guise d'émouvant apéritif avant le duel choc Dragons - Hull FC.
 
- Les festivités marquant le 80è anniversaire du XIII Catalan débuteront ce samedi à 10h avec l'inauguration officielle de la tribune ouest Puig-Aubert, de la salle Premium Paul Dejean, du club Bodega Pierre Zamora, de la loge panoramique Jean Galia, et de la salle de réunion Gaston Comes.

Près de 1400 convives seront ensuite réunis au Parc Ducup, entre Perpignan et Le Soler, autour d'un bœuf entier, veau, agneaux et porcelets à la broche, repas animé par le groupe Buenasuerte, alors que seront honorés des anciens joueurs du club, par décennie, et que sera dévoilée l’équipe des quinze dernières années du XIII Catalan.

Pour l’occasion, un gâteau d’anniversaire de 4 x 3 mètres a été spécialement réalisé par Olivier Bajard, champion du monde des métiers du dessert et meilleur ouvrier pâtissier de France.