Pascal Bomati, le XV et le XIII : "querelles d'un autre âge"

Actuellement en vacances à Brisbane, l'ancienne vedette du XIII Catalan et de l'USAP évoque les deux Rugby si chers à son coeur.
Au Suncorp de Brisbane, où trône la statue de Darren Lockyer
Au Suncorp de Brisbane, où trône la statue de Darren Lockyer

S'il y a bien un quinziste que l'on ne présente plus à Treize, c'est bien lui ! Pascal Bomati, 40 ans, élevé dans les travées de Gilbert-Brutus, à l'école de Rugby du XIII Catalan si chère à André, son père.
Après une carrière treiziste bien remplie, un rang de joueur international, et un passage en 1996 dans la première équipe française de Super League, le PSG RL, avec 14 essais inscrit en 23 matchs, il signe en 1997 à Brive, alors Champion d'Europe, pour trois saisons.
Puis ce sera Pau de 1999 à 2002, avant de rejoindre sa ville natale, Perpignan, et l'USAP jusqu'en 2007.
Pascal nous parle de sa carrière, et de ses deux Rugby.

Que s'est-il passé une fois ta carrière arrêtée, en 2007 ?

Après 12 ans de professionnalisme, j'ai eu besoin de faire un break. Je me suis consacré en grande partie à mes affaires et à ma vie privée. Je n'ai jamais eu d'agent, donc j'ai toujours géré seul ma propre carrière seul. Donc, quand tout s'est arrêté, même s'il y a eu, bien sûr, un changement de rythme dans ma vie, il n'y a pas eu de réelle cassure car tout au long de ma carrière de joueur j'avais commencé à préparer l'après Rugby.

Quel est l'objet de ta venue en Australie ?

Les vacances... (rires) Bien que je sois venu plusieurs fois en Australie, avec diverses sélections nationales, je ne m'étais encore jamais arrêté à Brisbane. Et j'en ai profité pour revoir quelques personnes du monde des deux Rugby, comme Ian Turner et Mark Lane, mes anciens coéquipiers au XIII Catalan, Daniel Herbert, un ex de l'USAP aujourd'hui "manager marketing" des Reds du Queensland.

Justement, que penses-tu de l'évolution de ces deux sports ?

J'ai eu la chance de jouer à une époque où on se préoccupait moins que maintenant des gabarits des joueurs, et bien plus de leur qualités naturelles. Le XIII comme le XV deviennent à mon avis des jeux de grands costauds, que l'on utilise pour "détruire" les défenses et fatiguer l'adversaire, plutôt que de le contourner. On ne laisse plus trop de place aux combinaisons entre joueurs. Et quand je parle de combinaisons, je parle de complicité entre joueurs ! C'est souvent de là que vient pourtant le vrai danger d'une attaque, à XIII comme à XV. J'ai ainsi par exemple marqué beaucoup d'essais avec Manny Edmonds à l'ouverture, à l'USAP.  Nous "lisions" le même jeu sur le terrain.
 
Te sens-tu plus treiziste, ou quinziste ?

(Amusé…) C'est bien simple, à XV j'étais considéré comme l'ancien treiziste, et à XIII comme le quinziste… Je connais bien les deux Rugby et j'ai cessé il y a bien longtemps ces querelles d'un autre âge.
 
Je sais de source sûre qu'en 2007 il était grandement question de ton retour à Treize, aux Dragons Catalans. Que s'est-il passé ?

Tu as raison ! Mais après mûre réflexion, et connaissant la Super League et son niveau d'exigences, je pense avoir pris la bonne décision. Cela aurait été un parfait retour aux sources pour ma famille et moi, mais il était aussi déjà trop tard, physiquement parlant.

Existe-t-il une chance de te retrouver un jour prochain au bord d'une ligne de touche, avec une oreillette par exemple ?

Voilà ! Je viens en vacances dans le pays du Rugby et tu me soupçonnes déjà de "mauvaises intentions". Ne t'inquiètes pas, si un jour je deviens membre d'un staff technique, tu seras le premier informé !