Waite and see

David Waite, l'assistant australien de Laurent Frayssinous, évoque passé, présent et avenir, avant la reprise des entraînements, ce lundi, des internationaux français, de Steve Menzies et Zeb Taia.
Photo Jean Roig - RMD Agency

Lundi à l'entraînement, David Waite fera plus ample connaissance avec Steve Menzies, qu'il ne connait "pas personnellement", et dont il garde, dit-il en souriant, "un mauvais souvenir", "Beaver" ayant été "l'artisan de la victoire de Manly sur St George, un club qu'alors je dirigeais" (ndlr : à la fin des années 90). C'est que des souvenirs made in NRL, l'ancien coach également des Newcastle Knights et des Lions britanniques, n'en manque pas.
Comme joueur à Cronulla et à Western Suburbs, d'abord, lui qui estime que "le meilleur ailier" qu'il ait jamais fréquenté n'est autre que son "Lionel Williamson, un ami", et un Kangourou, comme lui.
Lundi à l'entraînement, le nouvel assistant de Laurent Frayssinous découvrira également Zeb Taia, recrue phare des Dragons cette saison, et surtout retrouvera avec plaisir Jamal Fakir, Thomas Bosc, Cyrille Gossard, Rémi Casty (Greg Mounis, lui, a déjà repris), tous les quatre de retour de trois semaines de vacances, et qu'il avait côtoyé en 2006 lorsqu'il était provisoirement à la barre de l'équipe.
Comme adversaire, avec l'Australie, en décembre 1973, du XIII de France de Jean-Jacques Cologni (victoire 21-9 au stade Brutus), de José Calle et Jo Bonnet (14-3 au stade des Minimes), David, qui avec les Kangourous sortait de la série des "Ashes" (confrontations australo-britanniques), découvrait alors "une nouvelle façon de jouer, en face, les Français privilégiant l'offensive".

 
"Stacey, le plus brillant…"

Comme coach des Catalans, 33 ans plus tard, il trouvait d'ailleurs "très prometteurs" "Jaja" et Cyrille, rappelant qu'"à l'instar des autres joueurs français de l'époque, ils éprouvaient simplement, et logiquement, des difficultés à changer de statut, pour être passés du championnat de France à la Super League, autrement plus exigeante."
Une saison 2006 au début de laquelle Stacey Jones ("alors le plus brillant des Catalans", confie-t-il) s'était fracturé un bras, un incident que David avait "vécu comme une catastrophe".
On connaît la suite, et en revenant à Perpignan après six ans passés au service de l'Australian Rugby League (au sein du "RL Coaching System", il était chargé de la formation des entraîneurs et du "pathway", suivi de l'évolution de la base jusqu'au haut niveau), il n'a presque pas reconnu les lieux.
"Quand je pense que notre siège était le "Fullback", à Saint-Estève, et que je vois ce qu'est devenu ce club, qui a grandi dans tous les domaines et a fourni deux entraîneurs (ndlr : Mick Potter et Trent Robinson) à la NRL…", dit-il avec des yeux enfants, du haut du salon panoramique de Brutus.
 
"Leon Pryce était fantastique"

Lundi à l'entraînement, David n'en aura pas fini avec ses vieilles connaissances, puisqu'il serrera de nouveau la main de Leon Pryce, qu'il avait eu sous sa coupe comme coach de la Grande-Bretagne, entre 2001 et 2003 : "Il était fantastique, d'un naturel décontracté, très jeune mais déjà si doué, et d'autant plus promis à un grand avenir qu'il était capable d'évoluer à plusieurs postes."
"Un joueur qu'il faut savoir utiliser, pour en tirer le meilleur profit, qui sait créer des opportunités pour ses coéquipiers, et en tout état de cause parfait pour le style de jeu pratiqué par les Dragons"
, poursuit celui qui était parallèlement le mentor, en équipe nationale, d'autres futurs cracks de Super League, Lee Briers, Jamie Peacock, Paul Wellens, Kevin Sinfield…
Il tient d'ailleurs ce dernier en très haute considération : "Si depuis quelques années Leeds remporte tous les gros matchs, ce que je trouve magique, c'est en grande partie grâce à lui."
Reste à savoir comment les Dragons pourront éventuellement s'y prendre, pour à leur tour s'imposer au même ultime stade de la compétition. Waite and see…
 
"Travailler les petits détails"

L'intéressé ouvre une piste : "Le but, c'est de voir les Dragons améliorer leur attaque, et c'est en travaillant inlassablement à l'entraînement les petits détails, qu'ils pourront caresser le même espoir."
Cela tombe bien, l'ancien coéquipier en équipe d'Australie des immenses Mick Cronin, Bob Fulton, Arthur Beetson, John Lang, Tom Raudonikis, est revenu pour ça : "Les Dragons, dont je me passe les matchs de ces deux dernières saisons, à la vidéo, depuis mon retour ici, ont su confectionner un style de jeu qui leur est propre, en Super League, ce qui constitue déjà une grande avancée, et dans le but de les voir évoluer encore, j'aurais personnellement trois rôles à remplir, le travail avec les joueurs de manière individuelle, par petits groupes, et au niveau de l'équipe dans son ensemble."
De quoi rendre plus facile, ou en tout cas moins difficile, la tâche de Laurent Frayssinous ? Waite and see…
En tout cas, le nouvel australien du staff technique (avec le préparateur physique Adam Trypas, neveu de Michael Trypas, deuxième ligne de Canterbury et de la sélection de Nouvelle Galles du sud au début des seventies, et fils de George Trypas, un ancien champion d'Australie d'haltérophilie) ne boude pas son plaisir d'avoir effectué ce surprenant come-back, et répond sans se faire prier à diverses questions.
 
Les tricolores, SBW, Quade Cooper…

Si on vous demandait de prêter main forte au XIII de France ? "Je suis lié aux Dragons par contrat, mon job consiste à assister Laurent, et je suis heureux de mon sort."
Comment faire pour que les Bleus obtiennent de meilleurs résultats ? "La situation est insoluble avec cette fenêtre internationale d'un mois, concernant chaque année la grosse majorité des tricolores enchaînant les matchs internationaux après une longue saison de championnat, prenant ensuite trois semaines de congés avant d'entamer la préparation de leur nouvelle saison en club. A part réduire le nombre de rencontres, donc de clubs, en Super League…"
Si vous deviez donner un seul conseil à un coach débutant ? "Je lui dirais de croire en sa chance."
Auriez-vous aimé entraîner un joueur comme Sonny-Bill Williams ? "Non, c'est un boxeur, et concilier le rugby, la boxe, et la famille, c'est difficile."
Trent Robinson éprouvera-t-il des difficultés à diriger le même SBW ? "Si leurs relations sont basées sur le respect, cela ira."
Quade Cooper ferait-il un bon treiziste ? "Techniquement il est fort, mais pas mentalement…"
On devine qu'il préfère cent fois avoir affaire à Steve Menzies, "l'ancien petit ramasseur de balle de Manly", à son ex poulain Leon Pryce, et à ces quelques joueurs français qu'il n'a pas vu grandir, mais auxquels il compte bien apporter sa science. Waite and sure…
Lundi à l'entraînement, David sera un homme heureux.